Belgique
Centre Est Ouest

Interview avec Aigle Bleu sur le chamanisme

Aigle Bleu

Interview par Luc De Cuyper (Centre Est Ouest/Ferme du Bois-le-Comte), traduction de l'anglais par Catherine Songe - grand merci Catherine !

Luc: Aigle Bleu, est-ce que tout un chacun peut devenir chamane, ou du moins toute personne qui en a le désir ?

Aigle Bleu : Dans la tradition, c’était réservé à un type de personne très particulier, prête à subir des épreuves et des expériences extrêmes qui puissent la projeter hors de son corps, de manière à être capable par la suite de faire cela à volonté. Ainsi, la principale formation, dans la tradition, consistait à traverser la souffrance et la mort. La mort réelle pouvait elle-même parfois constituer la méthode d’enseignement. Exactement comme dans cette expérience, documentée par un Occidental qui en avait été témoin, où un chamane inuit avait emmené son élève sur la banquise, creusé un trou dans la glace, puis attaché son élève à une perche, qu’il avait ensuite plongée dans l’eau, et qu’il avait laissée ainsi trois jours entiers, après l’avoir bien fixée. Il était revenu trois jours plus tard, avait sorti son élève de l’eau, l’avait réveillé -c’est en effet l’un des dons particuliers du chamane, que celui de pouvoir ramener l’âme de l’autre rive-, et naturellement, le corps de l’élève, immergé dans la glace, était parfaitement conservé. Puis le chamane avait demandé à son élève de lui raconter son voyage dans l’autre monde.
Ainsi, traditionnellement, le chamanisme est une expérience qui passe par la souffrance et la mort. Mais il y a toute une culture autour de la notion de chamanisme, qui signifie avant tout être dans l’unité avec la nature, et le chamanisme, sans que l’on doive nécessairement être chamane, c’est d’abord une manière de vivre, de communier avec la nature, avec le Monde des Esprits, c’est quelque chose qui est ouvert à tous. Le chamanisme donne des clés pour comprendre des choses qui ne sont pas vraiment transmises dans la civilisation occidentale. Ainsi, chacun peut avoir son approche du chamanisme, et s’approprier ou inventer des expériences et des techniques qui aident à communiquer avec la nature, et qui donnent plus de sens à l’existence.
Mais un vrai chamane, c’est très rare ; j’ai rencontré beaucoup de gens qui s’autoproclamaient « chamanes », mais je n’ai rencontré de vrais chamanes que par trois fois dans tout le temps que j’ai passé auprès des Anciens autochtones. Les vrais chamanes sont des personnes vraiment exceptionnelles, toutes très différentes. Tous possèdent des dons spécifiques, absolument uniques, qui leur viennent de leur expérience personnelle de voyage dans le Monde des Esprits, où ils ont pu dialoguer avec les Esprits.

Luc : Et, si l’on fait cette distinction, pour nous, les personnes ordinaires, comment découvrir nos talents, notre propre voie pour entrer en contact avec la nature ?

Aigle Bleu : Et bien, le chamane a la capacité d’aider les gens à se rendre dans le Monde des Esprits, et de les ramener en toute sécurité. C’est ce que j’ai fait par exemple le week-end passé avec les stagiaires pour qu’ils rencontrent leur cristal totem. De cette manière, ils peuvent aussi aller rencontrer leur totem, leur animal totem, qui est en eux. Il est dit que tant que les gens n’ont pas connaissance de leur animal totem, ils n’ont pas de contact conscient avec lui, et ne peuvent donc pas travailler avec son énergie. Une fois qu’ils connaissent leur animal totem, ils peuvent utiliser son énergie dans leur vie de tous les jours. Les gens peuvent aussi apprendre à communiquer avec leur esprit gardien. Nous avons tous des gardiens différents dans chacun des règnes de la nature, le règne végétal, le règne minéral, le règne animal, et le monde des humains. Nous avons ce que nous appelons nos «ancêtres », qui sont toujours avec nous, même si nous ne les connaissons pas ; si nous n’avons aucun moyen de communiquer avec eux, alors les possibilités pour qu’ils influencent nos décisions sont très réduites, car ils ont peu de champ d’action. Mais si nous les connaissons, cela peut ajouter beaucoup de pouvoir dans nos vies. Et c’est quelque chose que nous pouvons découvrir ensemble très facilement, car nous pouvons accompagner la personne dans le Monde des Esprits, et dans son voyage de retour, de manière tout à fait sécuritaire, et ainsi elle peut apprendre à leur parler, découvrir son animal totem et ses Esprits gardiens. Connaître ses totems aide à mieux se comprendre soi-même, et à avoir plus d’impact sur le monde qui nous entoure, car alors nous travaillons avec des forces qui influencent le monde dans lequel nous vivons de manière tout à fait concrète.

Luc : Est-ce là le but de connaître son animal totem ?
Aigle Bleu : l’animal totem est là pour nous aider sur notre chemin de vie.

Luc : Et ils ne peut nous aider que si nous sommes conscients de son existence ?

Aigle Bleu : Oui. Lorsque vous n’êtes pas conscient de lui, il essaie d’éveiller votre conscience, et vous jouera bien souvent des tours, et rendra votre vie désagréable de diverses manières, de sorte que vous finissiez par le découvrir ; mais comme pour tout être venant du Monde des Esprits, à moins que nous ne soyons très faibles, et que notre corps énergétique ne soit criblé de trous, ils n’ont aucune influence sur nous, sauf si nous acceptons cette influence. C’est ce que nous appelons le « libre arbitre », la volonté libre de l’être humain, qui signifie qu’il est maître de sa vie, et que les autres ne peuvent influencer son existence dans une certaine direction que s’il accepte d’être influencé de cette manière. Ainsi, nous avons vraiment besoin d’être conscients de ces énergies pour qu’elles puissent nous aider au cours de notre vie.

Luc : Tu dis qu’ils nous jouent des tours, pour nous rendre conscients de leur présence. Voici une histoire qui m’est arrivée : je me promenais, et je sortais d’un buisson par une large clôture, et de l’autre côté de la prairie se trouve une autre clôture ; de loin, j’ai aperçu quelque chose qui ressemblait à un sac, suspendu entre les fils de fer, et en m’approchant, j’ai vu que c’était une buse. Lorsque j’ai raconté cela, on m’a dit « Oh, c’est ton animal totem ». Est-ce vraiment la manière dont ils se manifestent ?

Aigle Bleu : Cela peut être de n’importe quelle manière. Lorsqu’il s’agit de ton totem, tu le rencontreras souvent dans la nature, tu ouvriras un livre et tu tomberas sur sa photo, il sera souvent présent dans tes rêves. Il essaie de se montrer de bien des manières diverses pour que tu puisses le remarquer.

Luc : Si j’en reviens à cette histoire personnelle, bien entendu, je vois beaucoup de buses, car il y en a plein ici, ce qui n’est pas le cas autour d’une grande ville comme Bruxelles ; est-ce que dans ce cas c’est tout de même significatif ?

Aigle Bleu : Tu sais qu’il s’agit de ton animal totem parce que tu as une connexion avec lui ; cela veut dire que lorsque tu le vois, tu ressens quelque chose. Il y a toujours un sentiment, une émotion, qui viennent à sa vue, alors que si tu vois un autre animal, tu auras juste vu un animal, rien de plus ; mais si c’est ton animal totem, il se passe quelque chose en toi. C’est toujours l’émotion, qui nous met sur la voie.

Luc : Y a-t-il une façon dont le chamanisme ou les animaux totems peuvent nous aider à trouver notre but réel dans la vie ?

Aigle Bleu : Bien sûr qu’ils peuvent nous aider. Parce qu’ils sont plus proches de la nature. Surtout si l’on regarde l’humanité aujourd’hui, où la plupart ont grandi dans un monde artificiel et technocratique. Le chamanisme, en tant que méthode de communication avec la nature, est aussi très utile.

Luc : Comment procèdes-tu, dans ton atelier « Chamanisme et écologie », où tu utilises le chamanisme pour guérir ou rétablir notre connexion à la nature ?

Aigle Bleu : L’axe principal de l’atelier consiste à regarder la vie comme un tout. Par exemple, il y a des saisons dans l’année, auxquelles correspondent certaines célébrations qui permettent aux humains d’établir une communication avec la nature, ce qui permet aux gens d’obtenir le temps dont ils ont besoin pour la saison qui vient. Lorsque vous arrêtez de faire des cérémonies, le temps devient fou, et vous n’avez plus aucune influence sur lui, alors que normalement, dans notre culture, on peut obtenir le temps souhaité, celui que l’on demande. Il y a quelques semaines -nous étions à la mi-mars-, ma fille m’a dit : « Ca fait longtemps qu’on n’a pas eu de neige », alors je lui ai répondu « Faisons venir la neige » ; et nous avons fait ensemble une cérémonie, et cela m’a donné l’opportunité de lui montrer comment communiquer avec les êtres de la nature, et quelques jours plus tard, nous avons eu la seule grosse neige des deux derniers mois, et cela seulement après quelques jours. Et ce sont là des choses naturelles, des choses que tout être humain peut faire, mais bien souvent nous avons perdu le contact. En accomplissant les cérémonies d’équinoxe et de solstice, nous établissons cette communication. Et la même chose est vraie dans la vie humaine. Nous avons aussi des saisons : la naissance, le passage à la puberté, le passage à l’âge adulte, le mariage, le fait de devenir un aîné, et finalement l’ultime passage vers l’au-delà. Ce sont les saisons qui rythment la vie d’un humain, et il existe des rituels pour accompagner cela, pour que cela puisse se passer de manière bénéfique, et que nous grandissions d’une façon harmonieuse.
Par exemple, dans la société occidentale, vous avez cette période étrange que vous nommez « adolescence », où les jeunes gens font toutes sortes de bêtises, et où les adultes perdent tout contrôle sur eux. Pourquoi cela arrive-t-il ? Parce qu’il n’y a pas de rites de passage. Dans les sociétés autochtones, on passe de l’enfance à l’âge adulte en quelques jours, et l’adolescence n’existe pas. Parce qu’il existe une manière de passer d’une saison à l’autre, par un rite de passage. C’est ce que nous allons étudier, et si nous pouvons exécuter certains rites pendant l’atelier, nous le ferons. En étudiant ces saisons de la nature et les saisons de la vie humaine, nous recevons une compréhension de la manière dont un humain devrait vivre. Ceci a une très grande importance dans notre processus de réharmonisation avec l’écologie, et pour trouver notre place dans l’univers.

Luc : Y a-t-il un moyen par lequel nous puissions aider nos adolescents, ou nos jeunes, à trouver leur place dans le monde ?
Aigle Bleu : Oui, à travers les rites de passage. Toutes les nations ont des rites de passage pour les jeunes femmes et les jeunes hommes, qui ont lieu en général lorsqu’ils atteignent treize, quatorze ou quinze ans. Le déroulement différait d’une nation à l’autre, mais toutes possédaient de tels rites. Il n’existe pas de nation où ce rite de passage n’ait pas existé. Et ceci suppose qu’il y ait un cercle d’hommes et un cercle de femmes qui prennent ces rituels en charge. Aussi, il faut qu’il y ait une cohésion et des liens communautaires entre les membres plus âgés de la communauté, qui vont aider les jeunes gens lorsqu’ils sont prêts pour cette étape, pour qu’ils puissent comprendre ce que signifie être un homme, ce que signifie être une femme, quel sens réel et profond cela peut avoir. Ils ont besoin de comprendre ces choses, tout particulièrement les hommes, pour qui ce besoin est plus fort que pour les femmes, car la femme possède son cycle mensuel, qui fait qu’elle ne peut oublier ce que signifie être une femme. C’est pourquoi les Autochtones disent qu’elle a de manière naturelle un plus grand pouvoir que l’homme. Mais l’homme, pour atteindre ce niveau de pouvoir, doit effectuer ce passage à travers un rite qui est toujours extrême, car il doit être suffisamment puissant et marquant pour qu’il ne puisse jamais l’oublier pour le reste de son existence. Ces événements sont très importants, et pour qu’ils puissent avoir lieu, il faut qu’il y ait un cercle d’hommes et de femmes plus âgés qui puissent faciliter le processus.

Luc : Tu sembles dire qu’il y a une perte de la cohésion tribale, qu’il n’y a plus vraiment de communauté …
Aigle Bleu : Oui, la communauté a été remplacée par la société. Le mot « société » signifie être associé à un grand nombre de gens par des liens monétaires, économiques, où les liens humains ne sont plus nécessaires. Il ressort que tout le tissu des relations humaines a été détruit, y compris les communautés spirituelles, et c’est de cette manière que la société, le système ou « Big Brother », on peut appeler cela comme on veut, peut exercer un contrôle sur les gens, car lorsqu’ils sont isolés, ils n’ont pas de force. Ils sont alors faciles à manipuler et à asservir.

Luc : Que peut-on faire pour aider à rétablir davantage de connexion tribale ? Peut-on trouver une manière significative de faire cela ?
Aigle Bleu : Oui, c’est le but de cet atelier : mettre en perspective ce qu’est un être humain, en relation avec le monde dans lequel il vit. Et de cette manière, toute personne peut trouver quel est son rôle, car personne ne peut vous dire où vous devriez aller, où se trouve votre communauté, comment vous devriez vivre, tout cela doit venir de l’intérieur. Mais il y a des outils, des moyens pour accéder à ce savoir, et c’est quelque chose qu’enseignent toujours les chamanes de toutes les cultures. Ce sont aussi eux qui aident les nations à trouver le sens de l’existence, car ils ont un accès direct à la source, beaucoup plus facilement que les autres membres de la nation, et ils peuvent montrer aux autres comment accéder directement à la Source, car cela se fait toujours de manière directe. Vous ne pouvez pas passer par quelqu’un d’autre pour contacter la Source, mais en revanche une tierce personne peut vous aider à établir vous-même ce contact, et c’est ainsi que les gens seront capables de répondre à la question : « Comment reconstruire nos communautés, comment rebâtir notre monde, comment rétablir notre communication avec la nature et l’écologie, afin d’être vraiment heureux, et vraiment ce que nous sommes censés être, des co-créateurs, avec le Grand Esprit, du monde dans lequel nous vivons ? »
Luc : Est-ce cela que tu appelles « le chamanisme pratique », comme je l’ai lu sur la brochure du stage ?
Aigle Bleu : Oui, cela doit s’appliquer à la vie de tous les jours, sans quoi c’est sans intérêt.

Luc : Comment arrives-tu à voir la nature comme une force guérisseuse, alors qu’elle disparaît de plus en plus de nos vies ? Par exemple, dans une ville comme Bruxelles, il devient de plus en plus difficile d’imaginer la nature comme une force guérisseuse.
Aigle Bleu : La nature reprendra toujours ses droits, partout on la laisse libre, elle se guérira. Si vous laissez une maison vide, en quelques années, les plantes commenceront à pousser, elles briseront l’asphalte, détruiront les murs, et bientôt la maison tombera en ruines, les arbres commenceront à pousser à l’intérieur, la nature réaffirmera ses droits, et elle soignera tout, tant qu’on la laisse à elle-même. C’est exactement la même chose pour le corps humain : si vous le laissez en repos, dans les conditions adéquates, il peut guérir complètement de toute maladie. La raison principale pour laquelle il n’arrive pas à guérir, c’est parce que nous continuons à manger des choses qui sont mauvaises pour notre santé, à vivre dans des environnements qui ne sont pas naturels, ainsi nos maladies persistent. Mais le corps est capable de se soigner lui-même si les conditions appropriées lui sont données, il n’a besoin d’aucune aide extérieure, car le corps humain est une partie de la nature, il ne peut être séparé de la nature. Ainsi, il faut comprendre en réalité : « Comment pouvons-nous nous réaffirmer comme des êtres qui font partie de la nature, comment pouvons-nous faire cela dans notre vie de tous les jours, pour faire plus d’espace à la nature ? » Et de cette manière, nous guérirons, et la nature guérira par elle-même.

Alexia : Y a-t-il une règle pour accomplir les rituels ?
Aigle Bleu : Les rituels sont un mode de communication, ce sont des moyens intelligents de créer les circonstances dans lesquelles certaines énergies peuvent se manifester. Il est important que les rituels soient débarrassés de tout aspect occulte, secret ou ésotérique. Les choses doivent être claires, compréhensibles, il ne faut pas faire les choses juste parce qu’elles étaient faites de cette manière auparavant, nous les faisons ainsi parce qu’il y a une raison à ce déroulement.
Dans toutes les célébrations des peuples autochtones, il y a toujours un rassemblement, et le rassemblement autour d’un rituel a sa raison d’être en soi. C’est le moment où les gens peuvent échanger des nouvelles à propos de ce qui se passe dans les différentes régions, le moment où ils peuvent échanger des marchandises qu’on ne trouve pas là où ils vivent, le moment où les jeunes gens peuvent rencontrer l’âme sœur pour fonder un foyer, etc. Il y a des raisons très importantes à ces célébrations. Par ailleurs, tout cela est relié à la communion avec la nature. Ainsi, les rituels ne sont pas quelque chose d’occulte, d’ésotérique ou de magique, bien entendu, ils ne doivent pas être enveloppés de mystère, au contraire, vous devez savoir très clairement pourquoi vous faites les choses, et pourquoi cela opère.
C’est une des raisons pour lesquelles lorsque j’enseigne, je dis toujours : « Ne croyez pas un mot de ce que je vous dis, essayez, voyez si cela fonctionne, comparez les choses avant et après. Si cela fonctionne, c’est que c’est bon pour vous ; si cela ne fonctionne pas, alors ce n’est pas pour vous. » Vous savez, il faut qu’il y ait une logique rationnelle, nous ne devons pas nous laisser séduire par une certaine mode qui consiste à envelopper les choses de mystère, où les gens ne comprennent pas vraiment ce qu’ils font ni pourquoi ils le font, comme c’est le cas pour certaines religions qui se sont tellement éloignées de la source que les croyants font un tas de choses sans les comprendre, ni sans savoir pourquoi ils les font. Le rituel est une manière de communiquer les uns avec les autres et avec la nature, mais cela doit rester quelque chose de naturel et de logique.

Catherine : Penses-tu que si quelqu’un essaie d’accomplir un rituel juste pour tester, sans y croire, cela peut mettre une énergie en travers qui empêche que l’effet souhaité se produise ?
Aigle Bleu : Cette personne peut mettre une énergie d’empêchement, si elle le désire.

Catherine : Mais malgré tout, est-ce que cela fonctionnera ?
Aigle Bleu : La plupart du temps cela fonctionne, si c’est accompli de manière appropriée et dans les formes. C’est le but même des cérémonies.

Aigle Bleu donnera un stage 'chamanisme & écologie' à Orval du 10 au 14 novembre:
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